« On ne meurt pas d’amour », Géraldine Dalban-Moreynas : et leurs yeux se rencontrèrent…

Ils sont voisins dans un quartier tranquille de Paris. Elle est fiancée à un homme qui part souvent loin pour son travail tandis qu’elle enchaîne les piges. Leur mariage est prévu dans quelques mois, le temps de prendre possession de leur confortable loft. Lui est marié depuis presque deux ans à une Américaine et ensemble ils ont eu une petite fille.

Mais, lorsqu’ils se rencontrent lors de son emménagement à lui, c’est l’évidence : le coup de foudre.

« La porte du porche s’ouvre. Elle voit sa silhouette se dessiner à contre-jour. Il s’avance. Elle le regarde. Il ne la lâche pas des yeux. Elle a l’impression que tout son être à l’intérieur d’elle-même est en train de s’effondrer. » (p.13)

On ne meurt pas d'amour.jpg

Chronique d’un couple adultère anonyme, On ne meurt pas d’amour donne littéralement et littérairement corps au besoin, au désir, à la fulgurance, à la passion, mais aussi au doute…

De fait, au début, elle et lui n’osent que se frôler, afin de ne donner aucune prise de repérage à leur entourage vicinal et familial.

« Ils sont sur un fil. Ils trébuchent en jouant avec les mots. Ce n’est plus qu’une question de jours, plus qu’une question d’heures, avant qu’ils ne tombent vraiment. » (p.36)

Puis, ils vont entrer en possession l’un de l’autre, au sens propre comme au figuré : lente, minutieuse, méthodique, absolue. Alors, tout devient prétexte à se voir, à voler un instant seulement pourvu que l’on s’aime résolument.

« A partir de ce jour-là, ils vivent l’un pour l’autre. Ils ne vivent que pour ça, que pour leur histoire. A partir de ce jour-là, ils vivent ensemble, même s’ils ne dorment pas ensemble. Ils ne pensent qu’à l’autre, qu’à trouver quelques minutes, quelques secondes. Il n’y a que cela qui compte. Se voir. » (p.49)

Les prises de risque grandissent, les mensonges s’accumulent aussi sûrement que l’addiction amoureuse devient plus dangereuse.

Cette fusion amoureuse, aussi évidente soit-elle, ne peut faire oublier que l’un comme l’autre sont dans une impasse : lui est confronté au dilemme de choisir entre sa fille ou sa maîtresse ; elle entre le confort d’une relation bien établie et le risque de tout perdre pour un homme pas franchement décidé à quitter sa femme.

« Et le choix est insupportable.

Alors, ils enterrent leurs angoisses, leurs peurs, et continuent cette vie. Tout accepter plutôt que se quitter. » (p.89)

Géraldine Dalban-Moreynas insuffle à son récit la fougue et l’intensité des plus beaux textes sur l’amour, aussi illégitime soit-il. Toute la question demeure dans l’avenir du couple ; une question source d’une tension dramatique omniprésente dans le roman, jointe à une cruauté grandissante qui fait que les victimes réelles ne sont pas celles que l’on croit…

Une petite pépite littéraire qui se dévore.


On ne meurt pas d’amour, Géraldine DALBAN-MOREYNAS, éditions PLON, 2019, 199 pages, 17€.

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