« BettieBook », Frédéric Ciriez : la critique peut-elle mourir ? Vive la critique !

Le critique littéraire est un maître au regard virtuose qui scrute le fond et la forme des lettres avec dextérité et qui bénéficie de la capacité à parler d’un livre dans une forme créative singulière et représentative de la propre création de sa plume. Lecture et écriture en un rôle clé, celui d’orienter les choix, les goûts des lecteurs soit en célébrant la qualité d’un livre soit en condamnant la pauvreté de l’opus. Le critique littéraire, redoutable figure que l’on retrouve dans nombre de journaux, de magazines, voire de  médias audio ou vidéo, fascine.

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Tel est le rôle de Stéphane Sorge, plume parisienne reconnue et redoutée à la fois, qui œuvre pour Le Monde des livres et sur Paris Première. Invité à couvrir les différents événements littéraires et culturels, il est de ceux qui comptent dans le microcosme intellectuel.

Pourtant, Stéphane Sorge peine à vivre de ses piges. Il est certes auréolé de cette gloire statutaire mais il n’en vit pas. Alors il pige pour des magazines populaires, tel le programme TV Télé 2 Semaines, mais toujours avec pseudo afin de ne pas ternir l’éclat de son nom. Et pourtant, n’est-ce pas ce même critique qui se délecte quotidiennement du racoleur (Le nouveau) Détective ?

La terre littéraire de Stéphane Sorge tremble lorsqu’il se retrouve confronté au phénomène nouveau des booktubeurs, ces passionnés de fantasies, dystopies et autres romans young adult qui mettent en scène leurs lectures dans leur univers customisé de mugs de thé et autres peluches afin de les diffuser ensuite sur le Net.

« Nous, on parle directement à nos abonnés, ce sont nos égaux. Ce qui nous intéresse, c’est le partage. On n’est pas comme les critique littéraires classiques qui ne connaissent pas leurs lecteurs. » (p.31)

Le succès de cette nouvelle tendance est incarné dans le roman par la pétillante Bettie, la vingtaine éclatante, modeste esthéticienne solaire à Melun la journée, dévoreuse de dystopies le reste du temps pour sa chaîne Youtube BettieBook. Sa communauté de fans s’élargissant jour après jour, Stéphane Sorge est missionné par Le Monde des livres pour enquêter sur le phénomène. Très vite, il est fasciné par le personnage de Bettie tout en développant un mépris forcené pour ce qu’elle incarne et une peur pour la menace qu’elle représente.

« Je sais désormais les lire. Je repère leur animal fétiche, observe leur bibliothèque, détaille leurs accessoires vestimentaires à la limite du déguisement cosplay, analyse leur mise en scène. Je supporte de moins en moins l’euphorie niaise des visages et des gestuelles. Les booktubeuses ont radicalisé l’enthousiasme que ma contingence professionnelle oblige à pratiquer. La littérature, luxe asocial, s’est diluée dans un rituel corporel. Je voudrais être méchant. Fuit cet espace de félicité. » (p.85)

Et si Stéphane piégeait cette petite souris livresque qui fait de l’ombre, quitte à employer les moyens les plus inavouables ?


BettieBook est une formidable petite pépite littéraire qui se savoure du début à la fin.

Nous noterons tout d’abord le choix pertinent de la forme : la narration suit, jusqu’à la rencontre entre Sorge et Bettie, un rythme saccadé qui oscille entre le microcosme intellectuel parisien de Sorge et le pragmatisme terne du quotidien de Bettie. Cette alternance suggère et souligne l’opposition inhérente de références, de classes, de milieux, d’univers.

« Ses revenus à lui ont baissé de 27% en une année. Sa notoriété à elle a crû de 200% en six mois. Il se sent à bout de course. Elle réfléchit à de nouvelles opportunités professionnelles, aimerait être repérée par un YouTube-manager qui lui trouverait des plans. Il se demande comment il va joindre les deux bouts pour les fêtes d’année, songe à un crédit conso chez Cetelem. Elle se fixe l’objectif des 60 000 abonnés pour Noël. Ses cheveux sont ternes. Jamais elle ne s’est sentie aussi belle, aussi Bettie, aussi BettieBook. […] Ses vidéos le fascinent. Elle pense que les vieux médias doivent mourir. » (p.47)

Ensuite, Frédéric Ciriez propose une réflexion pertinente sur la critique littéraire : le regard critique est-il l’apanage de professionnels seuls ? Y a-t-il un regard critique qui prévale sur un autre ? En quoi si cela est le cas ? Un regard critique littéraire non professionnel vaut-il forcément moins que le professionnel ? Où est la différence ? Dans quelle mesure peut-on se targuer d’être critique littéraire ? Sur quels critères ?

Le roman porte aussi un regard sur cette littérature qui n’a rien de classique dans ses codes et ses thématiques (dystopies, young adult, fantasies…). Pas toujours facile de lui accorder du crédit lorsque l’on est pétri de références littéraires prestigieuses. Et pourtant elle fait lire, autant sinon plus que la littérature attendue. Or, dans notre société où les écrans remplacent les livres, doit-on vraiment s’offusquer de cette tendance ? Doit-on condamner ces autres littératures alors même qu’elles font lire ?

Enfin, je soulignerai que certaines pages bénéficient d’une écriture audacieuse où la juxtaposition des mots tend à la poésie, telle une logorrhée verbale significative, surtout lorsqu’elle emporte les deux « critiques » dans un même élan. D’autres tendent à un scénario ou un dialogue de théâtral. Le « je » de Stéphane Sorge est remplacé par une troisième personne indéterminée… Autant d’expériences scripturales qui font du roman une forme littéraire plurielle de grande qualité.

Génial. Brillant. Édifiant.

BettieBook, Frédéric Ciriez, éditions Verticales, 2018, 189 pages, 18.50€.

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Cupio ergo sum ? Brillante analyse du désir dans « La fin des idoles », premier roman de Nicolas Gaudemet

Nous sommes en 2018, 2019 et sequor. La chaîne télé V19 lance son programme de télé-réalité intitulé Obsession Célébrité.  L’idée ? Devenir une célébrité adulée au prix d’humiliations avilissantes et à la faveur des votes du public. Néanmoins, cette émission se veut innovante en proposant un encadrement psychologique mené par Lyne Paradis, brillante diplômée en neurosciences de Columbia, avec pour finalité une réflexion possiblement curative par l’action sur le désir.

« Je ferai prendre conscience aux candidats que courir après la célébrité les empêche d’être heureux. Je leur apprendrai à apaiser leur désir, à développer d’autres buts. Le jeudi après chaque prime, j’animerai un débat sur la société médiatique, avec des psychologues. » (p.12)

Une telle initiative n’est pas sans susciter des polémiques : l’immondice du programme, le recours inutile à la psychologie… La méthode de Lyne Paradis provoque en particulier l’ire du Maître de la psychanalyse Gerhard Lebenstrie, pétri de la théorie lacanienne. Pour lui, vouloir annihiler le désir inhérent à la nature humaine est une utopie, un non-sens voire une hérésie.

« Mais cette haine du désir, en réalité, est aussi un désir : précisément un désir de non-désir. Donc une impossibilité logique. Paradis propose un système paradoxal qui ne se résoudra que dans son effondrement. » (p.436)

Deux théories, deux visions du désir et de sa manière de l’apprivoiser : tout le long du roman, la guerre fait rage entre la solaire Lyne et l’incarnation lebenstrienne d’une manière de penser sans doute / peut-être éculée (au lecteur de trancher). Chaque camp a ses propres recrues et pas des moindres : Lyne peut compter sur le soutien de son compagnon Alexandre Valère, à la tête de V19 et héritier d’un empire, tandis que Lebenstrie riposte avec son épouse, directrice de TF1, ainsi que de Fabien Bélanger, avocat star de Paris.

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Obsession Célébrité n’est pourtant que le point de départ de l’intrigue. En effet, la gagnante du jeu, Paloma, goutte à sa célébrité avec extase. Le feu est cependant de paille – ou presque – et très rapidement Paloma sombre dans une quête désastreuse et pathétique pour retrouver sa splendeur. Une quelconque ressemblance avec une certaine Loana ? Toute ressemblance avec des personnages existants serait fortuite ?!

« Paloma partageait ses journées entre son lit et la table de la cuisine, bourrée de Lexomil malgré sa récente surdose. Elle se faisait livrer des courses quotidiennement. Car sortir était un supplice : comme les fruits de Tantale, les affiches et écrans qui saturaient l’espace mental des Parisiens attisaient en permanence sa jalousie et sa soif de célébrité. » (p.92)

Lyne Paradis peut donc continuer à œuvrer pour lutter contre le désir : Paloma sera son nouveau programme télé en personne et les spectateurs pourront assister en direct aux multiples tentations mises en place pour titiller le désir de Paloma afin de mieux la soigner. Le succès est au rendez-vous et Lyne peut aller crescendo dans son expérimentation de l’anéantissement du désir. Pour ce faire, elle met au point, avec un collègue de Columbia, des neuroélectrodes crâniennes qui apaisent les désirs de chacun. Si l’idée laisse au début dubitatif, elle s’avère rapidement concluante : les neuroélectrodes envahissent peu à peu le quotidien des Parisiens. Le désir s’annihile… jusqu’à mourir ? Mais peut-on vivre libre de tout désir ?

« Un frisson de révolte la galvanisa : équipé de neurostimulateurs, l’homme nouveau s’émanciperait définitivement et déjouerait les manipulations des marques. De toutes les marques… » (p.232)


Nicolas Gaudemet propose une extraordinaire réflexion sur notre société du désir : nous sommes, depuis l’Antiquité, des êtres désirant(s), des êtres de désir(s). Nombre de philosophes ont proposé des techniques d’ascétisme. Au-delà du regard critique sur ce désir universel et atemporel, Nicolas Gaudemet nous propose deux choses. Tout d’abord, il envisage les deux théories intellectuelles d’analyse de l’âme – extrêmement bien fouillées, documentées – que sont la psychanalyse et les neurosciences en un débat houleux mais passionnant. Ensuite, l’auteur envisage dans son roman un futur proche les neuroélectrodes pour canaliser le désir : une utopie pas si délirante que cela si l’on considère qu’en 1948 un certain Orwell envisageait dans 1984 une société régie par Big Brother et ses caméras de surveillance pour régenter la manière de penser des individus. Dompter la pensée, dompter le désir : ne sommes-nous finalement pas dans une relecture critique pertinente et très 2.0 ?

« c’était le désir, exploité par la société médiatique, qui soumettait l’homme à la dictature du consumérisme et du paraître. L’espèce humaine méritait mieux. Lyne rêvait de la libérer du joug du désir – des souffrances qu’il inflige lorsque, insatisfait, il envahit l’esprit, quitte à se dresser contre la raison et la volonté. » (p.74)

Le roman propose une remise en question intéressante – voire édifiante – de nos désirs et de notre rapport aux médias : notre vie est plus que jamais saturée par la convoitise et le désir (Souchon n’est pas bien loin avec sa « Foule sentimentale ») . (trop) rares sont les ascètes. Nicolas Gaudemet nous invite à considérer d’un œil certainement critique le monde qui nous entoure et nous soumet à son bon vouloir, le joug de son désir.

« Les médias sont essentiels à la démocratie, mais ils sont aussi pathogènes. » (p.140)

C’est là un premier roman, mais quel roman ! Beaucoup de plaisir à enchaîner les pages, du fait d’une base narrative à la construction remarquable et au verbe brillant. Nicolas Gaudemet se lance de manière prometteuse sur la scène littéraire : il mérite, et nous le désirons, d’y demeurer !

La fin des idoles, Nicolas GAUDEMET, éditions TOHU-BOHU, 2018, 474 pages, 19€.

« L’Aventuriste », J. Bradford Hipps : une quête rédemptrice professionnelle et personnelle du quotidien américain

« Ma petite entreprise ne connaît pas la crise »… Telle pourrait être l’accroche « dutronienne » à ce joli premier roman de l’Américain J. Bradford Hipps paru début 2018 aux éditions Belfond. Sauf que la crise, l’entreprise Cyber Systems (spécialisée dans les « logiciels de sécurité internet » p.15) dans laquelle travaille  le personnage principal, Henry Hurt, la connaît.

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Directeur du département Ingénierie, Henry Hurt est un employé modèle de 34 ans qui bénéficie du soutien bienveillant de son supérieur hiérarchique, Keith. Cependant, Cyber Systems vit des jours troubles : l’entreprise dispose d’un trimestre pour vendre 4 millions de dollars à quelques clients répartis aux quatre coins des USA.

Le premier rendez-vous auquel Henry se joint pour seconder Barry, le responsable des ventes, est une catastrophe : spectateur impuissant d’un carnage professionnel en règle, Henry ne peut que confirmer le désastre à Keith. Barry est limogé, remplacé par Ian, un requin aux dents longues.  L’équipe redéfinie, la conquête des marchés peut continuer. Mais peut-on éviter une erreur fatale de se reproduire ?

L’Aventuriste est une plongée on-ne-peut-plus réaliste au cœur du mécanisme d’une entreprise, prête à tout pour faire du chiffre : les us-et-coutumes professionnels sont découpés au scalpel pour mieux suggérer que l’intérêt commun prévaut sur l’intérêt personnel (le chapitre 2 de la partie « février » est terrible : une employée condamnée par un cancer se transforme en faire-valoir idéal pour mieux dédramatiser le renvoi de Barry). Il est évident que le regard acéré de l’auteur sur les mécanismes bien rodés du discours d’entreprise teinte ce roman d’une dimension documentaire édifiante par le questionnement déontologique qu’elle pose.

« Ce qui me motive, c’est le confort apporté par l’argent, oui, et aussi de faire partie de cette communauté de gens brillants et pour la plupart efficaces ; le sentiment d’appartenance que l’on éprouve au sein d’une bonne équipe. […] Mes héros sont banals : de bons managers, de bons propriétaires et de bons contribuables. » (p.15)

Le récit ne se limite cependant pas à une immersion au cœur d’une entreprise américaine lambda. Il s’agit aussi de la destinée d’Henry Hurt, un célibataire trentenaire sans histoire et sans caractéristiques insolites : il louche avec convoitise mais retenue sur sa jolie collègue mariée, Jane ; il honore de visites ponctuelles à Minneapolis sa sœur Gretchen et son père, atteint de la maladie d’Alzheimer.

Ce qui est déroutant, avec ce roman, c’est qu’il ne se passe pas grand chose en terme d’action. Et pourtant, on avance. Ou plutôt, on « glisse » : en effet, l’écriture de J. Bradford Hipps est remarquable en ce sens où elle donne l’impression que la voix narrative d’Henry vole à la surface des événements tout comme il « vole » d’un rendez-vous professionnel à l’autre. Henry semble spectateur de cette vie de marionnettes d’entreprise, tout comme il semble entretenir une distance pudique avec les siens. Mécanisme de protection  inhérent au deuil non achevé de sa mère ?

« Quand tout semble ligué contre vous, revenir aux fondamentaux. C’est parfois la solution. Descendre jusqu’au plus profond, un univers de non-choses, et recommencer. Ne jamais considérer les choses comme acquises. Ni le travail, ni Jane, ni le père, ni le père ni la sœur, ni le lit ni la maison, ni la ville ni le pays, ni le moindre élément naturel ou tout ce que l’on voit ou entend ou touche – pas même soi-même. On m’a raconté une histoire et j’y ai cru. On m’a arnaqué depuis le début.

Mais. Comment être déçu à moins d’exister pour connaître pareille déception ? C’est un trou noir dans lequel je glisse. Cela me convient, je m’en accommode. Cogito, ergo sum. C’est mieux que n’importe quelle prière. » (p.167)

Cette fugacité, cette distance se ressent dans l’écriture : le lecteur a une impression d’un entre-deux constant dans lequel le pragmatisme du quotidien côtoie la poésie de l’ailleurs suggérée par les paysages du Sud américain.

« Mais la tristesse : la joie ne pourrait exister sans elle, si étrange que ce soit. Je n’ai jamais connu que des joies frelatées, qui portaient en elles les germes de leur propre fin. D’ailleurs, le ciel n’est-il pas déjà en train de rougir à l’ouest ? C’est l’hiver qui nous attend. Je convoque une vision de fin de parcours, une grande prairie oubliée, au cœur du pays, où la lune est partout et où la neige ensevelit les arcs des Indiens et les squelettes des pionniers. […] Ce genre d’endroits recèle tous les fantômes qu’on a chez soi, mais sans le confort. Ils convoquent des souvenirs d’une étrange qualité, plus profonds que le mal du pays, une sorte de muscle mémoriel de ce lointain instant où le corps s’est éveillé à son malheur, arrimé au temps, l’esprit placardisé, et où l’horloge s’est mise en branle – l’horreur si ce n’était le désir qui l’accompagne, la grâce qui le sauve : la conscience qu’avec le mouvement des aiguilles commencent à se dessiner les possibles. » (p.275)

L’Aventuriste est un beau récit par cette aventure littéraire qu’il propose avec une dextérité narrative et une emphase tout en retenue.

L’Aventuriste, J. Bradford HIPPS, traduit de l’américain par Jérôme Schmidt, éditions Belfond, 2018, 343 pages, 21€.

Roman gracieusement envoyé par le service presse des éditions Belfond.

« EVJF », Liz Blackrock : heurs et malheurs des demoiselles d’honneur version chick-lit

Ne vous fiez pas au nom de l’auteur : Liz Blackrock n’a rien d’un patronyme américain puisque l’auteur est français. Avec une plume qui ne démérite pas (mais sans crier au génie non plus), elle reprend les codes de la chick-lit pour mieux narrer le passage obligé de toute future mariée : son enterrement de vie de jeune fille. Le ton est donné : EVJF s’annonce être un récit girly à souhait.

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Avant de revenir sur le livre, je tiens à dire que la chick-lit est loin d’être mon genre de prédilection. Loin de là. Au mieux, une pause rapide (surtout rapide) et rafraîchissante. Mignonnette. Nous n’irons pas plus loin dans les qualificatifs mélioratifs : il ne faut pas exagérer non plus. Pourquoi avoir lu ce roman me demanderez-vous ? Tout simplement parce que le titre est accrocheur : j’ai été de celles conviées à des EVJF ; j’ai été celle à qui on a organisé un EVJF. Alors forcément, l’avoir doublement vécu donne envie d’en lire la version romancée.


Amandine, jeune et jolie institutrice, doit se marier avec le beau Thomas, issu d’une famille aristocrate. Déjà quelque peu angoissée d’entrer dans ce milieu dont elle ne maîtrise pas les codes, Amandine doit gérer le weekend surprise EVJF organisé par ses trois plus proches amies, sa sœur et sa glaçante belle-sœur. Cependant, alors que le programme organisé s’annonce alléchant et festif à souhait, quelques fausses notes se glissent progressivement. La discordance va grandissant, jusqu’à la révélation finale. Le groupe sortira-t-il indemne de cet EVJF ?


Nous suivons la progression du weekend avec une certaine frénésie, dans la mesure où les révélations s’enchaînent et les désaccords grandissent. Cependant, quel dommage que de retrouver les éternels poncifs de la chick-lit :

  • les amies d’Amandine, forcément stéréotypées : la peste, la bonne copine, l’intello coincée-qui-se-décoincera-peut-être, le glaçon…
  • les hommes, forcément hyper musclés, hyper beaux, avec des yeux bleus à se noyer dedans
  • secrets et jalousie entre filles, forcément

Par conséquent, l’aspect très prévisible de l’intrigue plaira aux amatrices du genre. Je ne renie en aucune manière le plaisir que j’ai eu à suivre le déroulement de cet EVJF qui, je le souligne, tente de temps à autre – et avec succès – quelques trouvailles originales. Un moment de lecture léger que je ne regrette pas mais un genre dans lequel je ne me complais aucunement.

EVJF est un récit à lire pour toute future mariée (que cette dernière soit bien sûre du choix de ses témoins !) et pour toute demoiselle d’honneur investie de la mission d’organiser un EVJF !

EVJF, Liz Blackrock, éd. Denoël, collection Hildegarde, 2018, 282 pages, 17.50€.

Roman gracieusement envoyé par le service presse des éditions Denoël.

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