Retour sur le nouveau DICKER avec « La disparition de Stephanie Mailer » : un page-turner réussi ambiance « Petits meurtres entre amis »

Auréolé d’une réputation littéraire méritée, le nouveau Dicker était attendu avec une impatience non feinte, boostée – à juste titre – par un emplacement en tête de gondole depuis le mercredi 7 mars 2018. De fait, ce nouvel opus ne déçoit pas : un pur pageturner brillamment orchestré. Retour sur une lecture passionnée.

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Dans le roman La Disparition de Stephanie Mailer, on retrouve les thèmes de prédilection de Dicker, à savoir :

  • une intrigue localisée aux États-Unis, en particulier le Nord-Est avec New-York et les Hamptons
  • une / des enquête(s) policière(s)
  • l’écriture d’un roman dans le roman (cette si chère mise en abyme de Dicker)

Autant de constantes qui font que Dicker persiste et signe dans le choix de ses « ingrédients » pour une recette gagnante.


Un quadruple meurtre a eu lieu en 1994 à Orphéa, petite ville tranquille des Hamptons, le soir de l’inauguration du Festival de théâtre. A l’époque, l’affaire avait été assez rapidement résolue par deux policiers efficaces, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Un succès professionnel au prix personnel sanglant…

Vingt ans après, alors que Jesse s’apprête à prendre sa retraite, la journaliste de l’Orphea Chronicle, Stephanie Meyer, lui suggère que le coupable du quadruple meurtre n’était pas le bon, et que l’évidence leur est passée sous le nez. Jesse décide d’accorder peu de crédit à ce message sibyllin jusqu’à ce que Stephanie disparaisse et que son corps soit retrouvé sans vie. Le meurtrier de 1994 serait-il encore en vie et aurait-il voulu faire taire Stephanie ? Jesse n’a plus de doute : accompagné de Derek et d’Anna, brillante policière locale d’Orphea, il faut rouvrir l’enquête.

Ainsi, le roman se veut comme une double enquête : la réouverture du dossier de 1994 au regard des événements de 2014 qui vont s’enchaîner.


Il est intéressant de noter que Dicker accorde une belle place à la création littéraire dans le roman :

  • les meurtres de 1994 et 2004 ont lieu lors du Festival du théâtre
  • on y trouve le personnage du directeur d’un magazine littéraire new-yorkais de renom
  • le personnage du critique littéraire Meta Ostrovski fait sourire quant à la profession : antipathique homme de lettres qui ne lit pas tous les textes qu’il critique mais qu’il descend pourtant en flèche ; fin analyste lorsqu’il indique qu’un critique littéraire ne peut être écrivain…
  • le processus d’élaboration d’une pièce, dans une entreprise de work-in-progress à l’œuvre dans le récit, est incarnée par le fantasque personnage de Kirk Harvey. Démiurge inquiétant et attachant, il donne à voir son art comme une « expérience »
  • le structure même du roman se donne à lire comme le compte-à-rebours de la pièce inaugurale d’Harvey en 2014, « scène » clé annoncée comme la révélation du meurtrier.
  • chaque « rôle » prend la parole, de chapitre en chapitre, multipliant les analepses explicatives de tel ou tel fait.

Bref, le roman de Dicker est une formidable création enchâssée dans laquelle les genres littéraires se côtoient pour questionner l’illusion : celle de l’art, celle de la création, celle du mensonge. Une mise en abyme revisitée ?

Il est en effet important de souligner que Joêl Dicker se fait assez fin observateur des « fantômes », « casseroles » et autres « cadavres » que chaque personnage cache dans le microcosme de la vie d’Orphea. Sans complaisance, Dicker revisite la thématique de « Petits meurtres entre amis ».

Pour conclure, Joël Dicker est une valeur littéraire sûre : la création qu’il propose est de grande qualité et les problématiques soulevées pertinentes. La puriste que je suis déplore les coquilles rencontrées à plusieurs reprises : petit bémol qui ne condamne en rien la littérarité du texte. Ce livre se dévore. Absolument. Totalement.

La Disparition de Stephanie Mailer, Joël DICKER, Éditions de Fallois, Paris, 2018, 635 pages, 23€. 

 

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