Il y a clairement un peu de Jean-Pierre Jeunet dans ce charmant roman d'Alexia Stresi ("Et sa théorie, c'est qu'on a une réserve de fiction cachée dans nos vies" p.256). Jugez-en : Simone Guillou, 85 ans, vit une paisible retraite on-ne-peut-plus méritée à Barthon, petite bourgade de la côte de Jade ligérienne (de son vrai… Lire la suite « Grand prince », Alexia Stresi : le fabuleux destin de Simone
Catégorie : A croquer
« Spécimen », Pauline Clavière : l’unité et le tout
Lorsque la narratrice, romancière de son état, jette son dévolu sur Mina pour garder son fils Lucas, elle n'imagine pas qu'en échange son monde s'apprête à être bouleversé. Si l'assistante maternelle s'avère être une perle professionnelle, elle cache dans le giron de son dévouement entier et absolu Rafael, ce fils unique chéri réchappé d'un père… Lire la suite « Spécimen », Pauline Clavière : l’unité et le tout
« Bombasse », Camille Emmanuelle : insipide ou pimenté, il faut choisir
Deux ans après l'excellent Cucul, chroniqué sur ce même blog, et forte de son succès critique, Camille Emmanuelle rempile avec Bombasse. État des lieux, à la Roland Barthes... J'aime : retrouver l'humour et l'écriture de Camille Emmanuelle, impayable ; la critique juste sur les dangers de la dark romance et la dénonciation bienvenue de la… Lire la suite « Bombasse », Camille Emmanuelle : insipide ou pimenté, il faut choisir
« Les Corberaux », Anne-Frédérique Rochat : comme un air de Chabrol
Édouard et Élisabeth Corberaux règnent en maîtres sur une petite île où les habitants leur sont dévoués, d'une reconnaissance servile pour toutes les opportunités salariales que le couple offre à travers leur florissante usine, ainsi que pour toutes les largesses prodiguées, grands seigneurs qu'ils sont, à l'école, à la bibliothèque et autres associations. Vivant en… Lire la suite « Les Corberaux », Anne-Frédérique Rochat : comme un air de Chabrol
« Un monde plus sale que moi », Capucine Delattre : larsen féministe
Elsa n'a que dix-sept ans lorsqu'elle rencontre Victor, de trois ans son aîné. Avec lui, elle embrasse l'idée d'aimer, de se livrer, de goûter à l'amour. Mais cette quête d'émancipation affective et charnelle n'étreint que du vide : passive, soumise, souvent muette, Elsa s'offre sans mot dire à ce qu'elle va considérer pendant presque un… Lire la suite « Un monde plus sale que moi », Capucine Delattre : larsen féministe
« Divines amitiés », Anthony Jack Guy Salaün : « âmes » sœurs, « âmes » de cœur ?
Régulièrement sollicitée pour chroniquer des récits, notamment de primo-romanciers, je prends le soin de bien vérifier que les propositions correspondent à mes prédilections thématiques personnelles. C'est ainsi que je me suis emparée avec plaisir du premier roman d'Anthony Jack Guy Salaün, car à bien des égards prometteur. Néanmoins, des points de retravail s'avéreront nécessaires pour… Lire la suite « Divines amitiés », Anthony Jack Guy Salaün : « âmes » sœurs, « âmes » de cœur ?
« La voisine sans histoire », Liz Nugent : à la racine…
Sally Diamonds a maintenant quarante-deux ans mais toute sa vie durant elle a vécu sous cloche. Celle, préconisée par son père adoptif et psychiatre de son état, qui a fait de la jeune femme une "handicapée émotionnelle" : une empathie proche du néant, un isolement prescrit, une surdité feinte pour échapper aux autres. Celle aussi,… Lire la suite « La voisine sans histoire », Liz Nugent : à la racine…
« Les secrets de la femme de ménage », Freida McFadden : les a-priori prendraient-ils la poussière ?
Non, non, je ne me livrerai pas à une chronique exhaustive du deuxième tome de la désormais célébrissime saga de La femme de ménage. Pourquoi ? Parce que les ficelles narratives restent les mêmes (Millie est embauchée par un très riche couple et découvre avec horreur que sa maîtresse est battue par son époux :… Lire la suite « Les secrets de la femme de ménage », Freida McFadden : les a-priori prendraient-ils la poussière ?
« L’amour moderne », Louis-Henri de La Rochefoucauld : la fange sous les dorures
Ivan Kamenov, à bien des égards, incarne avec une élégance certaine le spleen parisien dans toute sa splendeur : à jamais endeuillé par l'infanticide barbare dont fut victime son meilleur ami Alexis en 1994, consumant l'amertume d'un premier mariage raté au creux de son cœur, le dramaturge trouve l'apaisement dans l'écriture de pièces de théâtre… Lire la suite « L’amour moderne », Louis-Henri de La Rochefoucauld : la fange sous les dorures
« Le monde est fatigué », Joseph Incardona : la déferlante
Avant, elle répondait au nom de Nathalie Sauget. Avant, elle s'apprêtait à donner la vie à une petite fille, un nourrisson de sept mois niché dans la chaleur de son ventre. Et puis, il y a eu l'après : plusieurs années de coma et de rééducation. Un après identitaire : changer de prénom et s'appeler… Lire la suite « Le monde est fatigué », Joseph Incardona : la déferlante
