
Rebecca et Baptiste sont deux brillants médecins dont la complémentarité professionnelle au sein du service des urgences n’est plus à démontrer : efficacité, dextérité et talent unissent leur pratique, une connivence de tous les instants qui relève de l’évidence.
Un soir de triomphe médical sur la mort clinique redoutée, la machine s’emballe : une arythmie inattendue qui pousse Baptiste à embrasser Rebecca et à oser des caresses interdites. A-t-elle dit non ? S’est-elle refusée ? Baptiste estime qu’elle était consentante, elle non. La justice devra en décider.
La fracture s’annonce incurable : comment concevoir travailler ensemble le temps d’une interminable procédure administrative et judiciaire, inquisitrice et éprouvante ? Que deviennent les autres (conjoint(e), collègues, amis), témoins involontaires dont la parole peut autant sauver que condamner ?
Le roman questionne le sentiment de culpabilité et fait la démonstration de deux parcours finalement parallèles, car tant pour Baptiste que pour Rebecca, il s’agit de destruction et de tentatives hasardeuses de reconstruction. Car que peut-il y avoir après « ça » ? Après la peine de l’affront, et avant celle de la condamnation ?
Avocats, police, journalistes : la dépossession s’amplifie, se désincarne paradoxalement alors que les interlocuteurs se multiplient. Le viol est aussi ce drame qui impacte la vie d’après et laisse exsangue…
« C’est peut-être tout ça à la fois, un attentat, un tsunami, une élection. Qui en définitive votera quoi ? Qui se fera juge, qui résistera, qui s’abstiendra ? La balance penchera-t-elle vers le plus abattu ou le plus crédible ? Baptiste et Rebecca vont-ils entrer en campagne, faire des promesses et jurer sur la vie des autres ? Dira-t-il qu’on ne l’y reprendra plus ? Dira-t-elle qu’elle ne s’en remettra pas ? » (p.64)
Un roman brut, ciselé, exigeant. Je regrette l’usage systématique de la virgule, qui scande et déploie les phrases (à l’infini) : un procédé dont je ne suis pas forcément fan, mais qui insuffle assurément un rythme saccadé au récit entier, peut-être écho de deux êtres en apnée…
Avant la peine, Laure HEINICH, éditions FLAMMARION, 2026, 232 pages, 20€.

Toujours ce problème du consentement.
Entre ce qu’on croit comprendre et la vérité !
Pourquoi certains hommes sont si sûrs de leurs « pouvoirs » aux dépens de leur proie ? Pourquoi pensent-ils qu’un NON veut dire OUI ? Quelle a été leur éducation ? Que se passe-t-il dans leur cerveau ?
On en revient toujours aux mêmes drames et aux mêmes questions.
Je crois qu’il faudra des années pour que cela change… c’est bien triste.
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