A croquer

« Danser », Astrid Eliard : chorégraphie adolescente

Chine, Stéphane et Delphine ne se connaissaient pas avant d’entrer à l’École de danse de l’Opéra de Paris avec, en guise de perspective, dix longues années de souffrances et de sacrifices pour, peut-être, toucher du doigt leur rêve ultime de devenir, un jour, danseur ou danseuse à l’Opéra.

« Je rêve parfois du succès comme d’un billet échappé d’un portefeuille. Il n’y aurait qu’à le ramasser pour le posséder. Pourtant, je suis une bosseuse, mais j’ai une telle frousse que tout ça ne me mène nulle part, ou en tout cas pas vraiment plus loin que ces spectacles de fin d’année avec vingt gamines déguisées en grenouilles ou en mulots » (p.98)

Danser

Danser est  un roman polyphonique dans lequel les voix de nos trois adolescents se croisent au fur et à mesure de leur première année à l’École, de leur entrée jusqu’au Défilé du mois d’avril.

La danse, il en est donc question à travers l’évocation de certains cours (seulement), de la rigueur intransigeante des professeurs et des moments de doute ou de découragement. Il en est aussi question lorsque l’on découvre la genèse de leur projet de vie : la danse, une évidence.

« Je ne me suis jamais sentie aussi unique que dans ces moments. Peut-être parce que tout ce qui vous différencie superficiellement des autres a été effacé, et que peu importe que vous soyez jolie, drôle, populaire, la seule chose qui compte, c’est le pas, et tout le travail qu’il faut accomplir pour le rendre non pas parfait, car parfait n’existe pas, mais le plus parfait possible. » (p.35)

Néanmoins, le titre me semble quelque peu déceptif : je m’attendais à un roman où il serait uniquement question du quotidien de ces futurs petits rats. Or, les deux tiers du livre m’amènent à dire que Danser est plutôt le récit d’une année initiatique d’adolescents qui se cherchent, se questionnent dans leur rapport à leurs parents,  testent l’amour et l’amitié. Forcément touchant, car cette première année est pour Chine, Stéphane et Chine la possibilité d’une rupture avec un certain passé et la création d’un autre avenir.

« Métier, passion… Le plus dur, je crois, est de devoir décider maintenant, comme si on n’avait que quelques secondes pour monter dans un train pour un trajet très long, un train sans arrêt et sans retour arrière possible. Faut pas se gourer de destination. » (p.117)

Notons la qualité littéraire de ce court récit, qui fait que l’on tourne les pages avec impatience. Un joli moment de lecture donc.


Danser, Astrid ELIARD, éditions Mercure de France, 2016, 181 pages, 17.50€.

1 réflexion au sujet de “« Danser », Astrid Eliard : chorégraphie adolescente”

  1. Redonne moi tes coordonnées que je prenne de tes nouvelles ! Moi c’est Roselyne : 0767952626 J’espère que tu vas bien ! Bizzous Roselyne Peissel

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