A croquer

« Pour le pire », E.G. Scott : les affres maritales le temps d’une lecture d’été…

Rebecca et Paul forment en apparence un couple uni. Le coup de foudre de leur rencontre a eu raison du premier mariage de Paul et a confirmé l’attirance de deux êtes à l’enfance douloureusement cabossée. C’est sur ce socle atypique que les tourtereaux ont envisagé les projets grandioses d’un futur a priori certain. Pour le pire

Pourtant, près de vingt ans après, l’harmonie conjugale n’est qu’un masque : les économies du couple ont mystérieusement disparu sans que Rebecca s’en rende compte ; cette dernière, accro à l’automédication, trompe Paul avec son patron, directeur d’une entreprise pharmaceutique ; seulement, ayant eu vent des fuites sur leur liaison, Mark licencie Rebecca. Paul, de son côté, goûte de nouveau au succès professionnel dans l’immobilier après une dure crise. Lui-même trompe sa femme avec une voisine, Sheila.

« Coucher avec ma maîtresse était la soupape qui permettait de faire tomber la pression entre ma femme et moi. Dans un sens, on pourrait dire que j’ai fait ça pour elle. Pour nous. Pour notre mariage. » (p.66)

Or, lorsque Sasha, la femme de Mark, puis Sheila disparaissent, les circonstances se retournent contre Rebecca et Paul. Il faut dire que Sasha a été étudiante avec Paul et qu’ils sont sortis ensemble. Les apparences sont-elles contre Paul ? Ou s’agirait-il d’une vengeance de Rebecca ? Au tour de la police d’enquêter…

« Comment tout a-t-il tourné si vite à la catastrophe ? Ma vie d’avant me manque, le temps où j’avais un travail, de l’argent et un mari que je croyais connaître ; où je n’étais pas en manque de médicaments ; où j’avais encore mon alliance » (p.115)


Autant le dire, il faut du temps pour s’immerger complètement dans le roman. En effet, les chapitres alternent entre la narration de Paul et de Rebecca, mais chacun alterne entre un « avant » et un « après ». Il faut attendre le moment clé de l’intrigue pour éclaircir l’opacité du premier tiers du livre et enfin s’attacher au récit et aux personnages.

« Pour un couple marié depuis aussi longtemps, nous apprenions encore beaucoup de choses l’un sur l’autre. » (p.171)

Hallucinations médicamenteuses de Rebecca pour semer le trouble, manigances de Paul, maîtresse jalouse, fausses pistes, illusions et désillusions, ascension sociale… : les ingrédients sont là pour tourner rapidement les pages. Tout cela fait de Pour le pire un roman agréable, bien traduit (et donc plaisant à lire une fois le premier tiers franchi), mais sans enjeu littéraire absolu.

« j’ignorais comment tout cela allait se finir, mais je savais que ce serait fabuleux. » (p.420)


Pour le pire, E.G. SCOTT, traduit de l’anglais (États-Unis) par Arnaud Mousnier-Lompré, éditions Pygmalion, 2020, 451 pages, 21.90€.

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