A dévorer !

« Une voisine encombrante », Shari Lapena : petits et grands tracas de quartier…

La petite bourgade américaine d’Aylesford ressemble à tant d’autres : paisible, coquette, pas très éloignée de New-York. Ses habitants y fraient tranquillement.

Mais, lorsque la belle et sulfureuse Amanda, récemment mariée et tout aussi récemment installée à Aylesford avec son mari Robert, est retrouvée assassinée, le corps dans une voiture immergée dans une campagne pas si lointaine, c’est un coup de tonnerre pour les proches voisins.

« Tout à coup, elle les hait, lui et Amanda, d’être venus dans leur quartier tranquille et de l’avoir ébranlé jusque dans ses fondations. » (p.189)

Les langues peinent à se délier. Il faut dire que ce qui en sort n’est guère joli joli : adultère entre voisins et accessoirement collègues, visites nocturnes d’un adolescent dans les maisons et les ordinateurs des alentours…

« Il fait ça pour le frisson, l’adrénaline. Il aime entrer chez les gens et s’introduire dans leurs ordinateurs. » (p.17-18) « C’est euphorisant : en pénétrant dans le système d’autrui, il se sent puissant. » (p.169)

Alors, forcément, on en vient à épier son voisin et, parfois, les membres de sa propre famille : le coupable ne peut être bien loin et l’écheveau policier, bien qu’emmêlé de multiples nœuds (le mari ? l’amant numéro 1 ? le possible amant numéro 2 ?), se déroule au-fur-à-mesure des révélations, spontanées ou sous la contrainte. Qui ment ? Qui protège qui ?

« Nous portons tous un masque. Nous avons tous quelque chose à cacher à un moment ou à un autre. » (p.95)

On a là tous les ingrédients efficaces à souhait du thriller domestique. Point de développement psychologique superflu et de descriptions en trop, mais une intrigue plutôt bien troussée, qui font que l’on enchaîne les pages avec avidité, suspectant tel personnage pour revenir à un autre personnage.

« En fait, le monde ne tournait déjà plus rond. Les dés étaient jetés, mais elle n’en savait encore rien. » (p.232)

Bien évidemment, le dénouement nous surprend et la révélation finale est sauve. Au final, un bon moment de lecture, sans prétention, mais qui nous grise du plaisir coupable de patauger dans la même boue que les personnages, marasme intimiste à souhait. Idéal pour l’été !


Une voisine encombrante, Shari LAPENA, traduit de l’anglais (Canada) par Valérie Le Plouhinec, éditions des PRESSES DE LA CITE, 2021 pour la traduction française, 311 pages, 19.90€.

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