Vous le dire : « Tout ce qu’on ne s’est pas dit » de Celeste NG est à lire absolument !

Les premiers mots sonnent comme un glas : « Lydia est morte ». Une tragédie est en effet survenue dans le microcosme familial de la famille Lee : le père James, la mère Marylin, le frère aîné Nath et la petite Hannah ne peuvent décemment croire à un tel drame. Pour eux, Lydia a été tuée : le suicide – un acte associé à l’échec et au mal-être pour eux – est inenvisageable. Mais connaissent-ils véritablement tout de Lydia ?

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Il est évident que le début du livre laissait augurer un roman policier. Il n’en est rien. Ou alors, on peut considérer qu’il s’agit d’une enquête familiale qui nous fait pénétrer à chaque page dans les secrets enfouis des uns et des autres. De fait, en alternant les passages entre le présent (la mort de Lydia), le passé de chaque membre de la famille (comment en est-on arrivé à cette tragédie ?) et le futur prophétique envisagé dans le passé par un narrateur omniscient qui déflore avec efficacité toute surprise possible sur ce futur à venir, le lecteur découvre une accumulation de non-dits qui petit à petit ont conduit à la mort de Lydia.

« Regarde-moi ». Marylin prit le menton de Lydia dans sa main et pensa à toutes les choses que sa mère ne lui avait pas dites, ces choses qu’elle avait tant voulu entendre pendant toute son existence. « Tu as la vie devant toi. Tu peux faire ce que tu veux. » Elle marqua une pause, regardant par-dessus l’épaule de Lydia l’étagère couverte de livres, le stéthoscope au-dessus de la bibliothèque, la mosaïque nette du tableau périodique. « Quand je serai morte, c’est tout ce que je veux que tu te rappelles. » (p.210)

 

« Il ne savait pas alors combien ces mots le hanteraient ». (p.247)

Sans être moralisateur, ce récit livre une très belle réflexion sur le poids de la famille dans la réalisation de notre destin : les rêves des uns reportés sur les autres, la pression inconsciente pour se réaliser à travers sa descendance. Peut-on d’ailleurs totalement s’affranchir de ses parents ?

Ce livre est incontestablement très beau et bien construit (malgré de fâcheux accords dans la traduction française…). Je suis curieuse de l’angle sous lequel il sera lu car il aura indéniablement une résonnance différente selon que l’on est parent ou enfant. Dans tous les cas, il est générationnel.

Ce livre est à lire absolument. Et ça, je vous le dis !

Tout ce qu’on ne s’est pas dit, Celeste NG, éd. Sonatine, 2014 (2016 pour l’édition française), 271 pages, 19 euros.

 

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