Postérité illimitée pour « Une seconde d’éternité », Fioly Bocca

Trente-septième et sans doute dernier roman de l’année 2017, que j’achève de la manière la plus poétique qui soit avec un tel titre !

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J’ai refermé ce court récit avec l’heureuse impression d’une parenthèse littéraire poétique et enchantée, ce qui est assez are pour être noté.

Anita est en couple avec Tancredi depuis treize ans, mais le quotidien étiole lentement leur amour, devenu une affaire d’habitudes. Correctrice dans une maison d’édition, Anita ingurgite chaque jour huit heures de pages techniques ou scientifiques assommantes, elle qui rêvait de découvrir de nouvelles pépites littéraires. Et surtout, sa mère chérie se meurt d’un cancer.

Ce tableau morose de la vie d’une Italienne de Turin dont on suit les contours nous révèle une jeune femme en perpétuelle lutte : lutte pour croire en son couple ; lutte pour supporter un job alimentaire ; lutte pour retarder la mort imminente de sa mère. Il faut attendre l’immersion dans le récit d’Arun, un atypique écrivain de récits pour enfants, pour qu’Anita conçoive d’envisager la vie autrement. Mais là encore, Anita lutte contre cette tentation faite homme. Seulement, peut-on lutter contre son destin ? contre tous ces petits signes que l’on croit anodins ?

L’espace d’une seconde, j’ai failli qualifier ce livre de « feel-good« , principe actuel tellement tendance (et tellement vendeur)… pour me raviser totalement à cause de cette  poésie qui émane de l’histoire d’Anita et de l’écriture de Fioly Bocca, de la musicalité des mots qui enchante et ré-enchante les maux des personnages à la manière d’un conte… On notera à cet égard le délicieux refrain qui clôture ou presque chaque chapitre :

« S’il pouvait me téléphoner, le Futur me dirait qu’une partie de moi sait déjà exactement ce qui se passera. C’est cette partie que je fais toujours taire, parce qu’il y a un temps pour tout. Même la vérité doit attendre son tour. » (p.61)

Ce récit bénéficie d’une belle force qui nous fait nous interroger sur nos freins, conscients ou non, ainsi que sur la chance que nous donnons (ou non) aux signes que la vie nous envoie.

Un très beau récit donc, qui nous fait sourire tout comme il resserre ponctuellement notre cœur d’un étau. Un récit qui mérite bien plus qu' »une seconde » de postérité !

Une seconde d’éternité, Fioly BOCCA, éd. Denoël, 2017, 168 pages, 17.50€.

Roman envoyé gracieusement par le service de presse des éditions Denoël.

 

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