« Presque ensemble » : un premier roman totalement réussi

Vie et mort d’un couple pourrait être le sous-titre du premier roman de Marjorie Philibert, dans la mesure où, en 373 pages, elle dissèque minutieusement les mécanismes de naissance, de vie et de mort d’un couple.

IMG_20170510_174731

Ainsi, le lecteur découvre Nicolas et Victoire pendant la mémorable finale de la Coupe du Monde 1998 : l’euphorie du moment dopée par une consommation intéressante de bières pousse Victoire dans les bras du timide et incertain Nicolas. Malgré les doutes de ce dernier, leur histoire démarre et Victoire fait de son coup d’un soir une véritable relation amoureuses. Ensemble, ils vivent leurs études, le premier appartement, les premières disputes. Finalement, le récit de toute histoire d’amour lambda.

Mais ce qui est notable dans ce récit, c’est la médiocratie ambiante : celle du déterminisme parental de chacun de nos protagonistes, celle des études (la sociologie en prend pour son grade), celle d’un sentiment d’inadéquation continuel de l’un et de l’autre dans leur vie personnelle et leur vie professionnelle.

Cette radiographie du couple peut sembler des plus pessimistes, et pourtant on achève la lecture de ce roman songeur sans sombrer dans un fatalisme universel. A travers Victoire et Nicolas, un couple parmi tant d’autres, l’auteur questionne la quête dans l’amour : sommes-nous « accomplis » et « complets » lorsque l’on a trouvé quelqu’un avec qui partager sa vie ? Pourquoi être tenté de chercher plus, peut-être mieux, sans doute ailleurs ? L’extraordinaire d’une relation n’est-il pas dans le caractère ordinaire apaisé et contenté ?

Autant de questions qui laissent au lecteur l’envie d’espérer de toute relation, bien au-delà du cadre amoureux.

Porté par une belle plume, ce premier roman dissèque le fonctionnement du couple. Une radiographie qui réconcilie définitivement avec le scalpel littéraire.

IMG_20170510_174731IMG_20170510_174731.jpg, Marjorie Philibert, éd. JC Lattès, 2017, 373 pages, 2017.

Publicités