Le bovarysme tendance Youporn avec Leïla Slimani : addiction !

Forte du coup de poing littéraire Chanson douce (voir article « Chanson douce », violent roman), il me fallait confirmer que Leïla Slimani a une écriture définitivement addictive. Verdict : je confirme. Ainsi, Dans le jardin de l’ogre, publié en 2014, a été dévoré en à peine trois heures. Redoutable Leïla Slimani, à la prose acérée et fluide.

IMG_20170727_132541.jpg

Adèle est journaliste. Elle est la maman (de loin…) d’un petit Lucien et elle bénéficie du confort domestique grâce à son médecin de mari Richard (oh, en voilà déjà des points communs avec ce cher Flaubert : un mari médecin, un enfant dont la mère ne s’occupe que par obligation…). Mais cette petite vie bourgeoise étriquée étouffe Adèle : elle rêve de passion, d’envolées amoureuses (revoilà Flaubert). Et surtout sexuelles…

Adèle trompe à tout-va son mari pour assouvir des pulsions sexuelles avec n’importe quel homme rencontré, dans n’importe quel lieu, jusqu’au limite de la pornographie. Autant dire que la chaste scène du fiacre roulant rideaux fermés dans tout Paris dans Madame Bovary est dépoussiérée jusqu’à l’os avec Leïla Slimani. Mais Adèle n’y peut rien : elle a besoin du sexe jusqu’à en être repue. L’addiction est confirmée.

Adèle va-t-elle mettre en péril son couple ? Richard va-t-il découvrir la double vie scandaleuse de son épouse ? Peut-on pardonner l’adultère lorsqu’il est mû par des pulsions qui dépassent l’entendement ?

Leïla Slimani brasse ces questions jusqu’à l’obsession. Fabuleux moment de lecture, où là aussi, comme dans Chanson douce, elle nous plonge dans un moment de la vie domestique, mais où l’impensable peut survenir de manière tout à fait insidieuse.

Vivement le prochain Slimani !

Dans le jardin de l’ogre, Leïla SLIMANI, Folio Gallimard, 2014, 228 pages, 7.20 €.

 

 

 

 

Publicités