Famille que j' »haime » : « Les filles de Roanoke », Amy Engel

Formidable page turner que cette découverte du roman de l’américaine Amy Engel, où l’on fait la connaissance de Lane Roanoke, une jeune New-Yorkaise de 16 ans, dont la mère vient tout juste de se suicider. Lane n’a d’autre choix que de rejoindre la famille qui lui reste au Kansas, à Roanoke : elle y retrouve ainsi, au début d’un été brûlant et étouffant, son grand-père et sa grand-mère, ainsi que son espiègle cousine Allegra.

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L’alchimie entre les deux cousines est immédiate. Elle parvient d’ailleurs à contrebalancer le malaise que ressent Lane dans cette étrange maison, presque gothique, qu’est Roanoke. Le lieu idéal pour confirmer la malédiction par laquelle toutes les filles Roanoke semblent être poursuivies :

– Les filles Roanoke ne font jamais long feu ici.

Elle s’éloigna en sautillant dans le couloir et dit d’une voix s’affaiblissant au fur et à mesure, comme si nous étions aux deux extrémités d’un tunnel :

– En fin de compte, soit nous fuyons, soit nous mourons. (p.24)

Au centre de ce gynécée sans cesse renouvelé (les parents, les filles, les petites-filles), Lane ressent peu à peu l’étrange fascination qu’exerce sur elle – mais aussi sur sa cousine –  son sublime et charismatique grand-père, Yates Roanoke…

Mais le séjour est de courte durée : Lane quitte précipitamment le Kansas, s’enfuit pour la Californie et y expérimente un mariage raté. Elle ne revient que dix ans plus tard car Allegra a disparu : est-ce le sceau de la malédiction des filles Roanoke ?

Lane n’a alors plus qu’un seul objectif : retrouver Allegra, qu’elle soit vivante ou… morte.

Les filles de Roanoke dispose d’une construction narrative des plus pertinentes, dans la mesure où elle alterne entre le « Alors » de cet été étrange passé au Kansas, et le « Maintenant » de la recherche d’Allegra et du voile de la malédiction à ôter pour une révélation ultime. S’intercalent de courts chapitres intitulés du nom des filles Roanoke progressivement disparues ou mortes, avec en filigrane un étrange et scandaleux secret qui semble toutes les lier…

Cette alternance narrative est doublée de nombreuses binarités thématiques : attraction / répulsion, ombre / lumière, sublime / horreur…

J’ai littéralement dévoré ce fabuleux roman en quelques heures : il est tout simplement addictif. Je vous recommande chaudement de faire connaissance avec les filles de Roanoke…

Les filles de Roanoke, Amy ENGEL, éditions autrement, 2017, 347 pages, 22 euros.

 

 

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