Les liaisons connectées : la perversité 2.0

Partir du classique des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos pour en proposer une réécriture 2.0 est un pari que Sandra Lucbert réussit avec brio dans son roman La Toile, publié chez Gallimard.

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Dans ce roman virtuellement épistolaire (les emails et le réseau social Medium en avatar de Facebook sont les pendants très modernes de la plume d’oie), on retrouve Valmont et la marquise de Merteuil en les personnages de Guillaume Thévenin et d’Agathe Denner, duo diabolique à la tête de l’entreprise Line Up. Bourreaux de travail et experts de la manipulation tant humaine que virtuelle, ils dynamitent pour leurs besoins personnels et professionnels les couples établis et les liaisons potentielles. Une perversion assumée, cadre de fond idéal pour scruter la légitimité de leur « toile ». Mais même les fils les plus solides peuvent se décrocher…

Ce roman s’est avéré très rapidement addictif car sa structure est progressive, ce qui permet d’instaurer un cadre narratif solide dès le départ. Je ne cache pas que certains passages sur la politique informatique et les enjeux du virtuel à l’échelle mondiale étaient plus ardus, mais cela révèle le très bon travail de documentation maîtrisé de Sandra Lucbert.

La Toile est un récit à découvrir absolument : le palimpseste de Sandra Lucbert est légitime et réussi !

La Toile, Sandra Lucbert, éditions Gallimard, 2017, 470 pages, 23.50 €.

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