Bienvenue en enfer : si les classes prépas m’étaient contées…

Rescapée d’une année d’hypokhâgne particulièrement éprouvante dans un prestigieux lycée de province de l’Ouest, le roman de Jean-Philippe Blondel, Un Hiver à Paris, m’a, dès les premières lignes, profondément remuée… Pari risqué que de se heurter aux souvenirs de sa propre expérience, j’ai tenu bon. Et que ce fut bon…

 

Un hiver à Paris.jpg

 

Nous sommes dans les années 80. Jeune provincial en total décalage avec sa famille, le narrateur (dont on ne découvre le prénom – Victor – que très tard dans le roman) part pour Paris dans un lycée prestigieux : ses très bons résultats scolaires lui permettent d’accéder au Graal des études supérieures, à savoir les classes préparatoires littéraires.

Sa première année (dans le jargon des initiés : hypokhâgne) se passe dans l’indifférence la plus complète de la part de ses camarades et de ses professeurs. Une solitude subie, douloureuse, mais une première année franchie avec succès.

La seconde année (khâgne) débute sous le signe de l’été indien. Jusqu’au drame. Celui du suicide de la seule personne avec laquelle le narrateur avait échangé quelques mots depuis le début de l’année : une injure proférée en classe, une porte qui claque, une rambarde d’escalier franchie, un drame à son pied.

Ce suicide appartient certes au roman, mais il révèle aussi la réalité de ce que les étudiants vivent dans ces classes : une pression constante, un dédain social de la part des professeurs pour qui n’appartient pas à la caste des élus. Bref, une machine dont on peut sortir brisé, traumatisé…

Le narrateur subit de plein fouet le suicide de son camarade, mais il découvre alors que sa position au sein des relations estudiantines a changé. Un bénéfice à en tirer ? Sans doute… Nouvelles amitiés, nouveaux amours, nouvelles relations : et si la roue avait tourné ?

Le roman de jean-Philippe Blondel est assurément très fort : on en ressort bouleversé, mais peut-être aussi rassuré (le narrateur indique que sa volonté d’être prof est venue du fait de ne surtout pas être comme les odieux « c… » qui lui faisaient cours). Une plongée en enfer pour une issue salvatrice. Engouffrez-vous dans cet hiver…

Un hiver à Paris, Jean-Philippe Blondel, Ed. Buchet Chastel, 268 pages, 2015, 15 €.

 

 

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