Rencontre avec Emilie Houssa, auteur du très beau premier roman : « La nuit passera quand même » (éd. Denoël)

Dernièrement, vous avez découvert ma chronique enflammée et méritée pour le très beau premier roman La nuit passera quand même de la talentueuse Émilie Houssa, roman publié aux éditions Denoël. Cette dernière, touchée par mes mots, me proposa alors une rencontre dans la cité des Ducs de Bretagne, point d’ancrage originel de « Mes p’tits lus ». L’occasion de se découvrir de nombreux points communs, d’en apprendre plus sur le livre, sur la suite d’une aventure livresque bien commencée : récit d’une alchimie littéraire et humaine.

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L’auteur

Pétillante, passionnée, inspirée : tels sont les trois adjectifs que je choisis pour décrire Émilie. Après avoir étudié en prépa puis à l’université l’histoire + histoire des arts avec à la clé une thèse en histoire de l’art, elle enseigne actuellement à des prépas aux Beaux-Arts. Passionnée de cinéma, elle s’est spécialisée dans l’esthétique du cinéma documentaire.


Le livre

Émilie Houssa a, contre toute attente, écrit en premier la dernière page de son livre, avec un paragraphe très fort dans lequel les motifs du roman résonnent très fort :

Alors, lorsque les fous décident d tirer dans le tas, les gardes du corps meurent. Les autres aussi, d’ailleurs. On n’échappe pas aux fous. On ne peut pas garder les corps et les fous. Il faut choisir. L’option généralement admise est de se garder des fous en protégeant les corps.

Les fous, c’est bien connu, n’ont pas de corps. (p.266)

En effet, pour rappel, Émilie évoque la vie imaginaire et imaginée d’un rôle second de garde du corps dans le film Victor Victoria, rôle second qui cristallise à l’époque les questions et les doutes d’Émilie. Entreprise géniale dans laquelle elle réfléchit à ce qu’est être garde du corps : se nier comme corps pour être contre le corps (physiquement parlant et métaphoriquement parlant), être un cœur en creux. Déjà la poésie affleure…


Autour du livre

Deux amis cinéphiles et que l’on retrouve dans la dédicace du roman : Orianne et Antoine offrent un 4 janvier 2016 le film Victor Victoria à Émilie. Une révélation cinématographique pour une révélation littéraire à venir.

La bénédiction du manuscrit par le groupe Gallimard, et en particulier les éditions Denoël. Quatre autres versions seront nécessaires pour que la petite pépite soit publiée.

5000 exemplaires contre 1500 traditionnellement.

Des échos positifs voire élogieux. Je ne peux que m’associer à eux !


L’écriture

Émilie écrit depuis l’âge de 10 ans. Des chroniques dans lesquelles elle livre des réflexions quotidiennes. Et puis survient ce déclic pour passer au récit un jour de janvier 2016.

Chaque soir pendant six mois, elle retrouve avec une impatience de jeune fille son personnage principal, Squatsh, pour ce qu’elle qualifie de « rendez-vous ». L’écriture du roman est fluide : les éléments du récit sont une évidence. « Épiphanie » littéraire des plus heureuses.

J’ai été très sensible à cette remarque très fine, dont Émilie revendique l’aspect  théorique : « La littérature, c’est créer des situations pour raconter une théorie, une idée. »

De fait, la réflexion littéraire d’Émilie est de considérer comment une théorie peut devenir une, des situations.


Après le livre

La fusion entre Emilie et son personnage de Squatsh a été forte, même si dans le roman une mise à distance progressive avec son être de papier s’est créée. Forcément, dès lors que l’œuvre a été publiée, le sentiment de dépossession s’est fait sentir : l’œuvre ne lui appartient plus vraiment mais elle y est intrinsèquement associée.

Qu’Émilie se console : cette dépossession n’est que relative car ses lecteurs se réjouissent eux de posséder une œuvre qui doit faire parler d’elle

Il y a la suite : un emménagement à Nantes (la ville va accueillir un auteur prometteur d’ici peu) et surtout un deuxième roman. Dans ce récit à venir, Émilie y racontera la vie d’une femme de sa famille, la cousine de sa grand-mère, partie aux États-Unis pour y vivre avec son amoureux. Mais les perspectives espérées sont déçues. Émilie s’emploie donc à faire revivre cette aïeule de 1947 à 2016, ellipse familiale temporelle de l’absence. Il nous tarde de découvrir la suite !


Des livres

Émilie est une grande lectrice : chaque jour, il est essentiel de lire. Romain Gary et Marguerite Duras sont ses auteurs de prédilection. De Marguerite Duras, elle revendique le principe de l’incipit qui raconte finalement tout, le reste n’étant que détails.

Et à la question « Que lis-tu en ce moment ? », Émilie évoque Alain Damasio et La Zone du dehors, roman de science-fiction intéressant mais plus abrupt à lire que son autre roman La Horde du contre-temps.


En résumé, cette rencontre avec l’écrivaine Émilie Houssa a été un moment très fort, un grand partage autour de l’œuvre et même au-delà. Une belle personne pour un beau livre dont je m’emploierai, même modestement, à diffuser la beauté et la poésie.

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