A dévorer !

« Femmes sans merci », Camilla Läckberg : rébellion féministe

Dans ce court récit de la prolifique écrivaine suédoise Camilla Läckberg, nous faisons la connaissance de trois femmes : Ingrid, Victoria et Birgitta. A première vue, rien en commun entre l’ancienne journaliste qui a sacrifié sa carrière au profit de la maternité et de l’envol professionnel de son mari, l’ex-cocotte de luxe d’un gangster russe vendue comme une prostituée à un rustre paysan des environs et enfin la douce et paisible institutrice proche de la retraite.

« Depuis, elle vivait soumise à ses condition, était une figurante dans sa vie. Il attendait d’elle qu’elle s’occupe du ménage et écarte les jambes. En échange, il subvenait à ses besoins. » (p.23)

« Elle fixa son regard sur sa main droite. Ses doigts tremblaient. Comme s’il n’avait pas encore décidé s’il y aurait d’autres coups. Mais Birgitta savait, elle le connaissait assez bien pour deviner qu’il y en aurait d’autres. » (p.30)

Pourtant, chacune est malmenée par son mari : infidélité, exploitation quasi- esclavagiste, maltraitance… Les humiliations, tant physiques que morales, sont quotidiennes et la souffrance permanente.

Femmes sans merci

Pourtant, le mutisme fait loi face à des mâles dominants qui n’ont, pour soumettre, que le recours à la violence.

Alors, grâce à un forum en ligne, sous couvert d’anonymat et donc sans jamais découvrir l’identité des unes et des autres, Ingrid, Victoria et Birgitta vont mettre en place un savant stratagème dans lequel l’une aura pour mission de tuer le bourreau de mari de l’autre, en échange du même service. Machiavélique à souhait mais, à l’heure du #metoo et du #balancetonporc, résolument nécessaire sans doute.

« Certes, elle allait tuer un homme, mais en même temps libérer une femme. La somme de ses actes serait positive. Et ensuite quelqu’un la délivrerait, elle. » (p.77)

Novella féministe et sans pitié pour les hommes, Femmes sans merci se dévore. Merci à Camilla Läckberg d’ajouter sa voix au combat mené par tant de femmes dans le monde d’aujourd’hui. Encore une fois, des mots sur les maux…


Femmes sans merci, Camille LÄCKBERG, novella traduite du suédois par Rémi Cassaigne, 2020, 142 pages, 14.90€.

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