A dévorer !

« Vis-à-vis », Peter Swanson : face à face mortifère

Vis-à-visHen et Lloyd viennent d’emménager à West Dartford, tranquille petite bourgade du Massachusetts. Le dîner de bienvenue gentiment proposé par leurs proches voisins, Mira et Matthew, s’avère quelque peu insipide. Cependant, lorsque Hen découvre dans le bureau de leur hôte, qui leur fait visiter les lieux, le trophée d’un ancien lycéen mystérieusement assassiné quelques années auparavant, la rencontre prend une autre saveur et un doute s’instille immédiatement en elle : Matthew pourrait-il avoir un lien avec ce meurtre ?

Très vite, les suppositions de Hen deviennent confirmations lorsqu’elle devient témoin d’un événement qui met clairement en cause Matthew.

Mais le problème est le suivant : Hen est bipolaire et souffre de phases maniaques, obsessionnelles. Cela lui a valu quelques déboires auprès de la police par le passé et sa crédibilité auprès de la police est aujourd’hui quelque peu mise à mal.

« – Cette fois il y a bel et bien eu un crime, dans notre rue. Je ne persécute personne. Je ne suis pas parano.

– Mais je vois bien que la crise maniaque n’est pas loin. » (p.37)

Alors, Hen se retrouve prisonnière de son voisin Matthew, qui sait que sa seule témoin est condamnée au silence : il peut tout lui avouer, Hen ne pourra rien révéler, car personne ne la croira.

« J’essaie simplement de vous expliquer en quoi notre relation est spéciale. Je peux tout vous confier, et vous ne pourrez rien en faire. Ça marche dans les deux sens. » (p.208)

« C’est une étrange relation que nous partageons : vous pouvez me confier tout ce que vous voulez, et moi, je ne peux le répéter à personne. » (p.274)

Comment parvenir à arrêter ce voisin meurtrier qui semble vouloir faire justice lui-même ?

« Ils étaient les deux seules personnes à connaitre l’entière vérité. » (p.218)


Vis-à-vis est un excellent thriller psychologique, remarquablement bien écrit. Le cadre intimiste d’un voisinage banal rend la tension encore plus palpable, et la crédibilité n’en est que plus grande.

Chaque chapitre alterne entre le point de vue de Hen et celui de Matthew : et le lecteur d’entrer dans la psyché de chacun. Passionnant. Redoutable.

Le coup de théâtre final nous laisse pantois. Les fantômes du passé se parent alors du masque de la révélation.

Ce récit est un coup de cœur : lisez-le !


Vis-à-vis, Peter SWANSON, traduit de l’américain par Christophe Cuq, éditions GALLMEISTER, 2020, 393 pages, 23.80€.

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