
Piteux début de rentrée littéraire pour moi puisque, m’étant emparée, pleine d’espoir, du roman de Katie Kitamura, je fais le constat de mon échec : le sens du livre m’a complètement échappé, et je n’ai pas du tout compris l’enjeu du récit. Alors si quelqu’un l’a lu et peut m’éclairer, qu’il n’hésite pas !
Ce que je retiens : une actrice de cinéma et de théâtre planche sur une pièce difficile. Un jeune homme, le fascinant Xavier, entre dans le théâtre et demande à parler à l’héroïne. Il prétend être son fils, ce qui est biologiquement impossible, puisqu’elle a d’une part avorté et d’autre part fait une fausse couche. Mais, lors de la première partie, elle le retrouve dans un restaurant et la gêne entre les deux est palpable : attirance à peine voilée ? Lorsque le soir-même son mari, Tomas, lui indique espérer qu’elle n’a pas recommencé à le tromper, notre théorie peut se confirmer.
« J’avais été surprise que ce sentiment me submerge de nouveau et non sans une certaine intensité. Xavier, avec son étrange situation, avec sa folle absurdité, me l’avait imposé. Mon intérêt avait été piqué en dépit du bon sens. » (p.26)
Mais… dans la dernière partie du roman, Xavier rentre vivre chez ses… parents, Tomas et l’héroïne. Une cohabitation passablement fluide, jusqu’à l’arrivée de sa petite amie, qui marionnettise son petit monde à sa guise. La folie rôde. Et moi je suis définitivement perdue quant aux tenants et aboutissants de ce roman.
« L’air paraissait épais, saturé. Un élément nouveau venait d’émerger entre nous, un élément qui avait besoin d’être tempéré, requérait un genre de solvant. Un élément qu’il faudrait élaguer, avec toute la violence que ce mot impliquait. » (p.142)
De quelle audition s’agit-il ? J’ai cru percevoir une mise en abyme à la fin du roman où l’actrice est en train de jouer sur scène le texte de son fils, Xavier. La réalité rejoint-elle la fiction ? Ou la fiction teinte-elle la réalité d’un voile opaque ? Je ne sais qu’en dire… Rarement un texte m’a autant perturbée par son opacité (en cela, j’ai cru lire une transposition d’un délire – sans doute génial même si je reste circonspecte – à la David Lynch).
« Nous avions incarné des rôles, et pendant un moment – tant que nous les avions compris, que nous participions à la cohésion prudente de cette histoire […] le mécanisme avait tenu. » (p.195)
L’écriture est d’une grande élégance, fine, littéraire. Mais attention à ne pas se perdre dans les méandres de phrases aussi complexes que narrativement redoutables, tant elles déroulent des fils qui sont autant de clés que de pièges.
Je ne saurais donc condamner le roman. Le sens m’a échappé, tant pis pour moi. Mais avis aux bonnes âmes qui pourront m’éclairer : je suis demandeuse et les en remercie !
L’audition, Katie KITAMURA, traduit de l’anglais (États-Unis) par Céline Leroy, éditions STOCK, 2026, 206 pages, 20€.

Oups ! Je ne connais pas cette auteure… et je je ne pourrai t’aider !
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